Après le bac, cinq types de formations existent : les études courtes à visée professionnelle (BTS, BUT), la licence à l'université, la prépa aux grandes écoles, les écoles spécialisées qui recrutent dès le baccalauréat (ingénierie, commerce, art, santé, social) et l'alternance. L'orientation part du métier visé, du domaine aimé, du profil scolaire et du rythme d'études souhaité.
Chaque année, la plateforme Parcoursup recense plus de 20 000 formations de l'enseignement supérieur, et la plupart des lycéens découvrent cette offre en terminale, souvent au moment de formuler leurs vœux. Les intitulés se ressemblent, les sigles se multiplient et les durées varient de deux à cinq ans. Ce guide classe les filières par type, explique ce que chacune prépare, à quel métier elle conduit et comment passer de l'une à l'autre, y compris vers les emplois des communes, départements et régions, qui recrutent à tous les niveaux de diplôme.
Quelles formations après le bac, filière par filière ?
Les formations après le bac se rangent en deux logiques. La première vise une insertion professionnelle rapide, avec un diplôme de niveau bac+2 ou bac+3 tourné vers un métier précis. La seconde mise sur des études longues, plus théoriques au départ, qui débouchent sur un master, un diplôme d'ingénieur ou un doctorat. Entre les deux, de nombreuses passerelles existent : un étudiant de BTS peut poursuivre en licence professionnelle, un titulaire de BUT intégrer une école d'ingénieurs, un étudiant de licence rejoindre une école de commerce par les admissions parallèles.
Les formations courtes : BTS et BUT
Le brevet de technicien supérieur (BTS) se prépare en deux ans, le plus souvent dans un lycée, au sein d'une section de technicien supérieur, ou en alternance. Les effectifs réduits, l'encadrement proche de celui du lycée et les stages en entreprise en font une voie appréciée des bacheliers technologiques et professionnels. Les spécialités couvrent la gestion, le commerce, le bâtiment, l'industrie, l'informatique, le tourisme, la santé ou l'agriculture, avec le BTSA pour les métiers agricoles.
Le bachelor universitaire de technologie (BUT) a remplacé le DUT à la rentrée 2021. Il se prépare en trois ans dans un institut universitaire de technologie (IUT), dans l'une des 24 spécialités nationales, et confère le grade de licence. Le BUT mêle cours, projets tutorés et stages ; il permet d'entrer dans la vie active comme technicien ou assistant ingénieur, ou de poursuivre en master ou en école. La pratique y occupe une large place : travaux pratiques, projets en équipe, mises en situation. Une formation courte ne ferme donc aucune porte : elle laisse le choix entre emploi rapide et poursuite d'études.
La licence à l'université
La licence se prépare en trois ans à l'université et valide 180 crédits européens (ECTS). Elle couvre tous les grands domaines : droit, économie et gestion, sciences, lettres, langues, arts, sciences humaines et sociales, sport (STAPS). Le rythme repose sur l'autonomie : moins d'heures de cours qu'au lycée, davantage de travail personnel. Les universités proposent un accompagnement pour les bacheliers dont le dossier montre des fragilités (parcours « oui si »), avec du tutorat ou une première année aménagée. Après la licence, le master se prépare en deux ans ; la candidature passe par la plateforme nationale Mon Master. La licence professionnelle, elle, se prépare en un an après un bac+2 et vise un métier précis.
La classe préparatoire aux grandes écoles
La classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) dure en général deux ans et prépare aux concours d'entrée des écoles d'ingénieurs, de commerce, des écoles normales supérieures ou des écoles vétérinaires. Il existe trois familles de prépas : scientifiques (mathématiques, physique, chimie, sciences de l'ingénieur), économiques et commerciales, littéraires. Les principaux lycées qui en proposent se trouvent à Paris, à Lyon et dans les grandes villes universitaires, mais chaque académie de France en compte plusieurs. Le rythme est soutenu, avec des colles (interrogations orales) chaque semaine et des devoirs surveillés réguliers. Les crédits ECTS validés permettent, en cas d'échec aux concours, de rejoindre une licence universitaire en deuxième ou troisième année. Certaines grandes écoles proposent aussi des cycles préparatoires intégrés de deux ans, sans concours intermédiaire.
Les écoles qui recrutent dès le bac
De nombreuses écoles recrutent directement après le bac, sur dossier, concours ou entretien. Les écoles d'ingénieurs post-bac proposent un cursus de cinq ans, souvent par des concours communs organisés sur Parcoursup. Les écoles de commerce offrent des bachelors en trois ans ou des programmes grande école en cinq ans, avec des spécialisations en marketing, communication, finance ou digital ; l'admission passe par des épreuves écrites puis un entretien. L'hôtellerie et la restauration ont également leurs écoles spécialisées, publiques ou privées, accessibles après un bac général ou technologique. Les écoles d'architecture publiques forment en trois ans au diplôme d'études en architecture, puis en deux ans au diplôme d'État d'architecte. Dans les domaines de l'art et du design, le diplôme national des métiers d'art et du design (DN MADE) se prépare en trois ans et confère le grade de licence. Les écoles privées appliquent des frais de scolarité souvent élevés : leur reconnaissance par l'État (visa, grade, titre inscrit au répertoire national) se vérifie avant de s'engager.
Comparer les formations après le bac en un coup d'œil
Les grandes voies d'études supérieures diffèrent par leur durée, leur lieu de formation, leur mode de sélection et le diplôme obtenu. La comparaison suivante aide à situer chaque parcours avant de formuler ses vœux.
| Formation | Durée | Lieu | Sélection | Diplôme à la sortie |
|---|---|---|---|---|
| BTS | 2 ans | Lycée, CFA | Dossier sur Parcoursup | Brevet de technicien supérieur (bac+2) |
| BUT | 3 ans | IUT | Dossier sur Parcoursup | Bachelor universitaire de technologie (grade de licence) |
| Licence | 3 ans | Université | Dossier, parfois « oui si » | Licence (bac+3), puis master |
| CPGE | 2 ans | Lycée | Dossier exigeant | Concours des grandes écoles |
| École post-bac | 3 à 5 ans | École publique ou privée | Concours, dossier, entretien | Bachelor, diplôme d'ingénieur ou d'école |
| Formation sanitaire ou sociale | 3 ans | Institut spécialisé | Dossier sur Parcoursup | Diplôme d'État |
Comment choisir sa filière après le bac ?
Le choix d'une filière après le bac se construit à partir de trois questions : ce que l'on aime étudier, le métier ou le secteur visé, et la manière dont on apprend le mieux. Un lycéen attiré par le concret et les stages se sentira souvent plus à l'aise en BTS ou en BUT ; un élève à l'aise avec la théorie et le travail autonome réussira mieux en licence ; un profil très régulier, prêt à un rythme intense, peut viser une classe préparatoire. Les résultats de première et de terminale, les spécialités suivies au lycée et les appréciations des professeurs pèsent dans l'examen des dossiers.
Plusieurs outils aident à préparer cette décision. Le site de l'Onisep, l'office public d'information sur les formations et les métiers, décrit chaque diplôme et propose un test d'orientation pour explorer ses centres d'intérêt. Les fiches Onisep détaillent pour chaque métier les missions, les études possibles et les établissements ; le moteur de l'Onisep permet aussi de rechercher une formation par ville ou par campus. Les guides régionaux de l'Onisep, distribués en classe de terminale, recensent les formations de chaque académie, étape par étape. Les psychologues de l'Éducation nationale, que l'on appelle encore souvent conseiller d'orientation, reçoivent les élèves au lycée et dans les centres d'information et d'orientation (CIO). Les journées portes ouvertes, les salons de l'étudiant et les immersions organisées par les universités permettent de découvrir une formation de l'intérieur, d'interroger des étudiants et de vérifier si le rythme proposé convient.
Chaque fiche Parcoursup indique aussi le nombre de places, le taux d'accès de l'année précédente, les attendus de la formation et les débouchés. Lire ces données avant de choisir évite de multiplier les vœux au hasard : mieux vaut une liste construite autour d'un même domaine, avec des formations plus ou moins sélectives, qu'une liste dispersée. Le contenu des enseignements varie d'un établissement à l'autre pour un même diplôme : la possibilité de suivre une option, un semestre à l'étranger ou un stage long fait souvent la différence entre deux formations du même domaine.
Comment fonctionne l'orientation Parcoursup ?
L'orientation sur Parcoursup suit un calendrier national publié chaque année par le ministère de l'Enseignement supérieur. Le lycéen de terminale formule jusqu'à 10 vœux sous statut scolaire et 10 vœux supplémentaires en apprentissage, certains vœux pouvant regrouper plusieurs sous-vœux (par exemple plusieurs BTS d'une même spécialité dans une académie). Pour chaque vœu, il rédige un projet de formation motivé, qui explique en quelques lignes pourquoi cette formation correspond à son projet professionnel.
Les formations examinent ensuite les dossiers : notes, appréciations, fiche avenir remplie par le lycée, activités et centres d'intérêt. Les réponses arrivent au printemps et pendant l'été ; le candidat accepte ou renonce dans les délais affichés. Une phase complémentaire permet de candidater sur les places restées vacantes, et une commission d'accès à l'enseignement supérieur aide les candidats sans proposition. Les candidats en situation de handicap peuvent le signaler dans leur dossier et contacter le référent handicap de chaque établissement pour préparer leur accueil.
Certaines formations ne passent pas par Parcoursup : une partie des écoles privées, certaines écoles d'art et de nombreux contrats d'alternance recrutent par leur propre calendrier. Il faut donc vérifier, pour chaque établissement visé, la procédure d'admission indiquée sur son site.
Quels diplômes obtenir après le bac selon la durée des études ?
Les diplômes de l'enseignement supérieur se lisent en niveaux. Au niveau bac+2 se trouvent le BTS, le BTSA et le DEUST universitaire. Au niveau bac+3 se trouvent la licence, la licence professionnelle, le BUT, le DN MADE, la plupart des bachelors d'école et les diplômes d'État du paramédical et du social. Au niveau bac+5 se trouvent le master, le diplôme d'ingénieur, le diplôme d'architecte et le programme grande école des écoles de commerce. Le doctorat, au niveau bac+8, se prépare en trois ans de recherche après le master.
À côté des diplômes nationaux, les titres professionnels et les titres certifiés inscrits au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) attestent d'une compétence reconnue par l'État et les employeurs. Ils se préparent souvent en alternance ou en formation continue. Avant de s'inscrire dans une école privée, vérifier ce statut évite de suivre une formation dont le diplôme ne serait reconnu par aucun employeur public ni privé.
Quels métiers accessibles après le bac et après deux ou trois ans d'études ?
Les métiers accessibles avec le seul bac existent, mais ils restent limités et souvent peu qualifiés. Le bac professionnel, lui, prépare directement à un métier : électricien, aide-soignant après une formation courte, cuisinier, technicien de maintenance, agent commercial. Un bac général ou technologique sert surtout de passeport pour la poursuite d'études : la plupart des employeurs recrutent les jeunes diplômés à partir de bac+2.
Avec un BTS ou un BUT, les débouchés couvrent les postes de technicien, d'assistant de gestion, de conseiller commercial, de technicien en informatique ou en bâtiment, d'assistant en ressources humaines. Les secteurs qui recrutent le plus à ce niveau sont l'industrie, le numérique, la santé, le transport et la logistique, le commerce et les travaux publics. Avec une licence ou un master, les fonctions d'encadrement, d'expertise et de conception deviennent accessibles : chargé d'études, ingénieur, juriste, analyste de données, chef de projet, enseignant après le concours.
Travailler dans une collectivité territoriale
Les collectivités territoriales recrutent à tous les niveaux de diplôme, le plus souvent par concours de la fonction publique territoriale, organisés par catégorie. Les emplois de catégorie C, comme adjoint administratif ou adjoint technique, sont accessibles sans diplôme ou avec un CAP. La catégorie B, celle du rédacteur territorial ou du technicien territorial, demande en général le bac ou un bac+2. La catégorie A, avec le concours d'attaché territorial ou d'ingénieur territorial, suppose au moins une licence ou un diplôme de niveau bac+3. L'inscription à un concours se fait auprès du centre de gestion qui l'organise, et la réussite aux épreuves permet d'intégrer une liste d'aptitude. Mairies, intercommunalités, départements et régions emploient des agents dans l'administration, l'action sociale, l'urbanisme, la culture, l'animation, l'entretien des bâtiments et des espaces verts. Le rôle des communes et de leurs intercommunalités explique la variété de ces postes, du guichet d'état civil au service technique.
Plusieurs formations après le bac préparent bien à ces métiers : les BUT Carrières juridiques, Gestion des entreprises et des administrations ou Carrières sociales, les licences de droit, d'administration publique ou d'économie, les instituts d'études politiques. Les collectivités accueillent aussi des apprentis : une commune ou un département peut signer un contrat d'apprentissage et former un jeune pendant son BTS ou son BUT.
Quelles études après un bac pro ?
Les études après un bac pro passent d'abord par le BTS, la formation la mieux adaptée à ce parcours. Les bacheliers professionnels y bénéficient d'un accès prioritaire, avec un pourcentage de places fixé par chaque recteur d'académie, à condition d'obtenir un avis favorable du conseil de classe. Les spécialités prolongent celles du bac professionnel : un bac pro commerce mène naturellement au BTS Management commercial opérationnel, un bac pro électricité au BTS Électrotechnique.
Pour un élève refusé en BTS malgré un avis favorable, des classes passerelles proposent une année de préparation renforcée en lycée. Le BUT et la licence restent ouverts, mais le taux de réussite en première année y est plus faible pour les bacheliers professionnels : un accompagnement renforcé, l'alternance ou une année de remise à niveau aident à combler l'écart. Les certificats de spécialisation et les titres professionnels, préparés en un an, permettent aussi de se spécialiser rapidement et de rejoindre le monde du travail avec une compétence de plus.
Se former en alternance après le bac
La formation en alternance associe des périodes en entreprise ou en administration et des périodes en centre de formation. Elle prend deux formes : le contrat d'apprentissage, ouvert en principe de 16 à 29 ans révolus, et le contrat de professionnalisation. L'apprenti est un salarié : il perçoit un salaire, calculé en pourcentage du SMIC selon son âge et son année d'études, et sa formation est gratuite pour lui, les coûts étant pris en charge par l'opérateur de compétences ou par l'employeur public.
Presque tous les diplômes se préparent par cette voie : BTS, BUT, licence professionnelle, bachelor, master, diplôme d'ingénieur. L'alternance demande de trouver soi-même un employeur, souvent plusieurs mois avant la rentrée, et d'assumer un double rythme. En contrepartie, elle offre une expérience reconnue, un réseau professionnel et une insertion plus rapide. Les régions, qui financent une large part de la formation professionnelle, relaient aussi des offres et des aides ; leur rôle est détaillé avec les compétences de la région, des lycées aux transports.
Les études de santé, de social et de sport
Les études de santé et du secteur social occupent une place à part dans les formations après le bac. Pour devenir médecin, pharmacien, dentiste, sage-femme ou kinésithérapeute, l'entrée passe par le parcours d'accès spécifique santé (PASS) ou par une licence avec option accès santé (L.AS), qui ont remplacé la première année commune en 2020. Les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) recrutent sur Parcoursup et forment en trois ans au diplôme d'État d'infirmier.
Dans le travail social, les diplômes d'État d'éducateur spécialisé, d'assistant de service social ou d'éducateur de jeunes enfants se préparent en trois ans dans des instituts régionaux, eux aussi accessibles par Parcoursup. Ces métiers recrutent largement dans les départements, chargés de l'action sociale et de la protection de l'enfance. Le secteur du sport et de l'animation propose la licence STAPS à l'université et des diplômes professionnels de la jeunesse et des sports, souvent préparés en alternance.
Comment se réorienter après le bac ?
Se réorienter après le bac reste fréquent et n'a rien d'un échec : de nombreux étudiants changent de voie à la fin du premier semestre ou de la première année. Plusieurs solutions existent. Certaines universités proposent un semestre de réorientation, parfois appelé « semestre rebond », qui permet de découvrir une autre filière sans perdre l'année. Un étudiant peut aussi formuler de nouveaux vœux sur Parcoursup l'année suivante, en expliquant son changement de projet dans son dossier.
Les services universitaires d'information et d'orientation accompagnent ces démarches, avec des entretiens individuels et des ateliers sur le projet professionnel. Les crédits ECTS déjà validés peuvent être reconnus dans une autre formation, ce qui facilite les passerelles entre licence, BUT et école. Un stage ou un emploi de quelques mois aide aussi à vérifier un projet avant de s'engager de nouveau. Côté financement, les bourses sur critères sociaux du CROUS restent attribuées en cas de réorientation, dans la limite du nombre d'années de droits ; une demande de logement étudiant se refait à la même adresse en ligne que la demande de bourse.
Pour ceux qui envisagent un métier au service du public, les concours territoriaux restent ouverts tout au long de la vie, avec des voies internes et un troisième concours pour les personnes ayant une expérience professionnelle. Ce que fait concrètement un maire, entre la commune et l'État, donne une idée des services où ces agents travaillent au quotidien.
















