Tous les six ans, une élection des conseillers municipaux renouvelle au suffrage universel direct le conseil de chaque commune. Depuis mars 2026, chaque conseiller municipal est élu au scrutin de liste paritaire à deux tours avec prime majoritaire, dans toutes les communes, puis le conseil élu choisit le maire.
Élection conseillers municipaux : repères pour 2026
- Qui vote
- Les électeurs inscrits sur les listes électorales : le droit de vote appartient aux Français majeurs et également aux ressortissants de l'Union européenne.
- Comment
- Un même mode de scrutin pour chaque collectivité territoriale de base, de 60 à plus de 300 000 habitants : liste paritaire, premier tour puis second tour, prime majoritaire et répartition proportionnelle, selon le code électoral modifié par la loi du 21 mai 2025.
- Pour quoi faire
- Le conseil municipal désigne le maire, organise les services publics de la commune et exerce son mandat six ans, jusqu'au renouvellement général de 2032.
Qui élit les conseillers municipaux, et pour combien de temps ?
Les conseillers municipaux sont élus par les électeurs inscrits sur la liste électorale de la commune, au suffrage universel direct. Le droit de vote appartient aux Français majeurs qui jouissent de leurs droits civiques, mais aussi aux ressortissants d'un autre État membre de l'Union européenne : les élections municipales et européennes sont les deux seuls scrutins ouverts à ces citoyens, à condition qu'ils figurent sur une liste électorale complémentaire.
Le mandat de conseiller municipal dure six ans, dans les petites communes comme dans les grandes. Le renouvellement est général : tous les conseils municipaux de France se renouvellent le même jour, ce qui fait des municipales le plus vaste scrutin local du pays. La date est fixée par un décret de convocation des électeurs, pris en Conseil des ministres et publié au Journal officiel de la République française plusieurs semaines avant le premier tour. Après les deux tours des 15 et 22 mars 2026, le prochain renouvellement des conseils municipaux aura lieu en 2032, selon le calendrier rappelé par le service public.
Pour voter, l'inscription sur les listes électorales est indispensable. Les jeunes recensés à 16 ans sont inscrits d'office à leur majorité, tout comme les personnes qui acquièrent la nationalité française. Les autres électeurs, ceux qui ont déménagé en particulier, doivent demander leur inscription en mairie ou en ligne, avant la date limite fixée par le code électoral pour chaque élection. Le répertoire électoral unique, tenu par l'Insee, centralise ces listes depuis 2019 et permet à chacun de vérifier sa situation sur le site service-public.fr.
L'élection municipale reste un choix de proximité : l'électeur choisit l'équipe qui gérera l'école, la voirie, l'urbanisme et l'état civil de sa commune. La place de ce scrutin parmi les autres élections locales est détaillée dans la présentation des élus locaux et des élections territoriales, qui situe le conseil municipal à côté des conseils départementaux et régionaux.
Le calendrier d'une élection municipale, étape par étape
Le calendrier municipal se déroule sur plusieurs mois, et chaque étape a son échéance fixée par le code électoral. Pour l'électeur comme pour le candidat, connaître ces échéances évite une démarche hors délai, que la préfecture ne peut pas rattraper.
- Le décret de convocation : il fixe le jour des deux tours du renouvellement municipal et ouvre officiellement la procédure.
- L'inscription sur les listes électorales : la demande doit parvenir en mairie ou en ligne au plus tard le sixième vendredi qui précède le premier tour.
- La déclaration de candidature : chaque équipe la dépose en préfecture au plus tard le troisième jeudi avant le premier tour, à 18 heures.
- La campagne officielle : elle s'ouvre le deuxième lundi qui précède le premier tour et s'achève la veille du scrutin à minuit.
- Le premier tour, un dimanche : en cas de majorité absolue, la répartition est acquise le soir même.
- Le second tour, le dimanche suivant : les nouvelles déclarations sont remises au plus tard le mardi à 18 heures.
- L'installation du conseil municipal : entre le vendredi et le dimanche qui suivent le tour décisif, avec l'élection du maire.
En mars 2026, ce calendrier a placé le premier tour le dimanche 15 mars et le second le dimanche 22 mars ; les premières séances d'installation se sont donc tenues du vendredi 20 au dimanche 22 mars dans les communes acquises dès le premier tour, puis du vendredi 27 au dimanche 29 mars ailleurs.
Un seul mode de scrutin pour toutes les communes
Le mode de scrutin municipal a longtemps dépendu de la taille de la commune. Jusqu'aux municipales de 2020, les communes de 1 000 habitants et plus votaient pour des listes complètes et paritaires, tandis que les plus petites, environ 70 % des communes françaises, pratiquaient un scrutin majoritaire plurinominal. Dans ce système, les candidatures isolées étaient admises, l'électeur pouvait rayer ou ajouter des noms (le panachage), et chaque conseiller était élu sur ses voix personnelles.
La loi n° 2025-444 du 21 mai 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité, accompagnée de la loi organique n° 2025-443 du même jour, a mis fin à cette dualité. Le Parlement poursuivait trois objectifs, que l'intitulé de la loi énonce : imposer la parité, que l'ancien système ne garantissait pas dans les petits conseils, éviter les équipes disparates issues du panachage, et renforcer la cohésion des majorités municipales. La réforme s'applique depuis le renouvellement général de mars 2026.
| Règle | Moins de 1 000 habitants, jusqu'en 2020 | Toutes les communes depuis mars 2026 |
|---|---|---|
| Candidature | Individuelle ou groupée | Liste obligatoire, déclarée en préfecture |
| Bulletin modifié | Panachage autorisé | Bulletin nul |
| Parité | Non imposée | Alternance femme-homme sur toute la liste |
| Attribution des sièges | Aux candidats ayant le plus de voix | Prime majoritaire, puis proportionnelle |
| Représentants à l'intercommunalité | Ordre du tableau | Ordre du tableau (inchangé sous 1 000 habitants) |
Le seuil de 1 000 habitants n'a donc pas disparu du droit électoral. Il continue de commander la taille des listes, la désignation des conseillers communautaires et quelques règles de remplacement en cours de mandat, mais il ne sépare plus deux modes de scrutin.
Quels textes encadrent le droit électoral municipal ?
Le droit électoral municipal repose sur deux codes. Le code électoral fixe les règles du scrutin lui-même : conformément à son article L. 227, les conseillers municipaux sont désignés pour six ans au suffrage universel direct, et ses articles L. 252 à L. 270 organisent la candidature, la répartition et le remplacement. Le code général des collectivités territoriales fixe, lui, la composition du conseil municipal, son installation et l'élection de l'exécutif. Pour lire ces dispositions dans leur version en vigueur, Legifrance indique sous chaque article sa dernière modification et le texte modifiant qui l'a introduite.
La réforme de 2025 illustre ce jeu de renvois : la loi ordinaire, modifiant le code électoral, a supprimé le régime propre aux petites communes, tandis que la loi organique, modifiant les dispositions relatives aux citoyens européens, a adapté leur situation à cette obligation de liste. Le suffrage universel reste la seule source du mandat municipal ; la loi ne touche qu'aux modalités. Une précision de calendrier compte aussi : l'attache fiscale d'un candidat s'apprécie au 1er janvier de l'année de l'élection, et la population légale retenue pour fixer la taille du conseil est celle en vigueur au 1er janvier, publiée par l'Insee en fin d'année précédente.
Combien de conseillers municipaux selon la population ?
Le nombre de conseillers municipaux dépend de la population légale de la commune, selon un barème fixé par l'article L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales. Il est toujours impair, pour faciliter la formation d'une majorité, et va de 7 membres dans les plus petits villages à 69 dans les villes de plus de 300 000 habitants. La population retenue est celle authentifiée par l'Insee avant le scrutin.
| Population de la commune | Membres du conseil municipal |
|---|---|
| Moins de 100 | 7 |
| 100 à 499 | 11 |
| 500 à 1 499 | 15 |
| 1 500 à 2 499 | 19 |
| 2 500 à 3 499 | 23 |
| 3 500 à 4 999 | 27 |
| 5 000 à 9 999 | 29 |
| 10 000 à 19 999 | 33 |
| 20 000 à 29 999 | 35 |
| 30 000 à 39 999 | 39 |
| 40 000 à 49 999 | 43 |
| 50 000 à 59 999 | 45 |
| 60 000 à 79 999 | 49 |
| 80 000 à 99 999 | 53 |
| 100 000 à 149 999 | 55 |
| 150 000 à 199 999 | 59 |
| 200 000 à 249 999 | 61 |
| 250 000 à 299 999 | 65 |
| 300 000 et plus | 69 |
Paris, Lyon et Marseille échappent à ce barème : leur effectif est fixé par des tableaux propres au code électoral, avec 163 conseillers de Paris, 111 conseillers municipaux à Marseille et 73 à Lyon. Le nombre de conseillers municipaux détermine ensuite tout le reste : la longueur des listes, le calcul de la prime majoritaire et le plafond d'adjoints.
Comment les sièges sont-ils répartis entre les listes ?
La répartition des sièges repose sur la prime majoritaire prévue par l'article L. 262 du code électoral. Une liste qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour de scrutin reçoit d'emblée la moitié des sièges, arrondie à l'entier supérieur lorsqu'il y a plus de quatre sièges à pourvoir. Les sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle, à la plus forte moyenne, entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés, liste gagnante comprise.
Sans majorité absolue au premier tour, un second tour de scrutin municipal a lieu une semaine plus tard, et la prime revient à la liste arrivée en tête, même avec une majorité relative. Ce mécanisme mêle donc un scrutin majoritaire, qui garantit au vainqueur une majorité stable, et un scrutin proportionnel, qui assure une place à l'opposition. Il évite les conseils ingouvernables sans effacer les listes minoritaires.
Un exemple de calcul dans une commune de 700 habitants
Une commune de 700 habitants élit 15 conseillers. La liste A obtient 60 % des voix, la liste B 40 %. La liste A reçoit d'abord 8 sièges au titre de la prime, soit la moitié de 15 arrondie au-dessus. Les 7 sièges restants sont répartis à la proportionnelle : 4 pour A, 3 pour B. Au total, la majorité détient 12 sièges contre 3. L'opposition siège, mais l'équipe élue dispose d'une marge confortable pour voter le budget, ce qui est le but recherché par le législateur.
Si une liste obtient plus de sièges qu'elle ne compte de candidats, ce qui peut arriver avec une liste courte, les sièges non attribués restent vacants. Le risque existe surtout dans les villages où la liste unique ne réunit pas assez de volontaires.
La plus forte moyenne, mode d'emploi
La méthode de la plus forte moyenne attribue les sièges proportionnels un par un. On divise d'abord les voix de chaque liste par le nombre de sièges qu'elle détient déjà augmenté d'un ; le siège va à la liste dont la moyenne ainsi calculée est la plus élevée, et l'opération recommence jusqu'au dernier siège. Cette règle favorise légèrement les listes les plus fortes, ce qui renforce l'effet de la prime.
Se maintenir ou fusionner au second tour : les seuils de 10 % et de 5 %
Le second tour de l'élection municipale obéit à l'article L. 264 du code électoral. Seules peuvent s'y présenter les listes ayant obtenu au premier tour au moins 10 % des suffrages exprimés. Une liste qualifiée peut accueillir des candidats issus d'autres listes, à deux conditions : ces listes ne se présentent pas au second tour et elles ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.
Ainsi, une liste arrivée à 7 % ne peut pas se maintenir, mais ses candidats peuvent rejoindre une liste qualifiée. Celle-ci doit alors déposer une nouvelle déclaration de candidature, obligatoire à chaque tour et à remettre au plus tard le mardi qui suit le premier tour à 18 heures, et respecter l'alternance femme-homme sur toute sa longueur, ce qui oblige souvent à réordonner les noms. Une liste à 3 % ne peut ni se maintenir ni fusionner.
La base de calcul piège souvent les candidats. Les pourcentages portent sur les suffrages exprimés : les bulletins blancs et nuls en sont exclus. La différence avec les élections départementales est de taille, puisque l'accès au second tour s'y calcule sur les électeurs inscrits. Un taux d'abstention élevé ne change donc rien aux seuils municipaux, alors qu'il peut priver un binôme départemental de second tour.
Parité et composition des listes
Chaque liste aux élections municipales est composée alternativement d'un candidat de chaque sexe. L'alternance est stricte du premier au dernier nom : deux femmes ou deux hommes à la suite empêchent l'enregistrement de la liste en préfecture. Rien n'impose en revanche le sexe de la tête de liste, ce qui explique que les maires restent majoritairement des hommes alors que les conseils sont paritaires.
Dans les communes de 1 000 habitants et plus, une liste compte autant de candidats que de sièges à pourvoir, avec au plus deux candidats supplémentaires. Dans les communes plus petites, la réforme a prévu une souplesse, faute de volontaires en nombre suffisant dans certains villages : une liste est réputée complète si elle compte jusqu'à deux candidats de moins que l'effectif du conseil.
- Moins de 100 habitants : 7 sièges, liste valable à partir de 5 noms.
- De 100 à 499 habitants : 11 sièges, liste valable à partir de 9 noms.
- De 500 à 999 habitants : 15 sièges, liste valable à partir de 13 noms.
La parité reste exigée sur ces listes réduites, rappellent les explications de Service-public.fr. Pour l'électeur, le bulletin se dépose tel quel : rayer un nom ou en ajouter un le rend nul, y compris dans les villages où cette pratique était courante avant 2026.
Qui peut être candidat au conseil municipal ?
Les conditions d'éligibilité au conseil municipal sont fixées par le code électoral. Le candidat doit avoir 18 ans révolus, jouir de ses droits civiques et avoir une attache avec la commune : y être électeur, ou être inscrit au rôle d'une contribution directe locale, comme le contribuable propriétaire d'une résidence secondaire. Les citoyens de l'Union européenne peuvent être élus conseillers municipaux, mais la loi organique leur interdit les fonctions de maire et d'adjoint.
Inéligibilités et incompatibilités
Certaines fonctions publiques ferment l'accès au mandat de conseiller municipal dans la commune où elles s'exercent : préfets et sous-préfets, magistrats, comptables publics, militaires en activité, ou encore agents salariés de la commune. Ces inéligibilités visent à éviter qu'un agent soit à la fois le contrôleur et le contrôlé. Une personne frappée d'une peine d'inéligibilité par un juge pénal ne peut pas non plus se présenter. Les incompatibilités, à la différence des inéligibilités, n'empêchent pas l'élection : l'élu doit simplement choisir entre son mandat et l'activité incompatible.
La déclaration de candidature
Depuis la réforme, une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque liste et à chaque tour, dans toutes les communes. Elle se dépose en préfecture ou en sous-préfecture, avec pour chaque candidat les pièces qui prouvent son éligibilité. Un candidat ne peut figurer que sur une seule liste et dans une seule circonscription électorale. Pour le premier tour, la déclaration doit être remise au plus tard le troisième jeudi qui précède le jour du scrutin, à 18 heures. La déclaration mentionne le titre retenu par l'équipe et l'ordre de présentation des candidats ; si la préfecture refuse d'enregistrer une déclaration, le candidat placé en tête dispose de 24 heures pour saisir le tribunal administratif, qui statue sous trois jours. Cette administration de la candidature relève de l'État, et non de la mairie, pour garantir l'égalité entre les candidats au conseil municipal. Les élus qui veulent connaître leurs droits une fois installés, indemnités, formation et protection, trouveront le détail dans la page consacrée au statut de l'élu local et à ses garanties.
Le déroulement du scrutin, du bureau de vote à la proclamation
Le déroulement du scrutin municipal suit les règles communes à toutes les élections politiques. Le bureau de vote est présidé par le maire, un adjoint, un conseiller municipal ou un électeur désigné, assisté d'assesseurs souvent fournis par les listes en présence. L'électeur prend un bulletin de chaque liste, passe obligatoirement par l'isoloir, glisse son enveloppe dans l'urne et signe la liste d'émargement.
À la clôture, le dépouillement est public : tout électeur peut y assister. Les scrutateurs comptent les enveloppes, puis les voix de chaque liste ; les bulletins raturés, les bulletins de plusieurs listes dans une même enveloppe et les bulletins blancs sont mis à part et ne comptent pas dans les suffrages exprimés. Le président du bureau proclame publiquement les résultats, puis le bureau centralisateur établit les résultats de la commune et la répartition des sièges.
La procuration reste possible pour l'électeur absent le dimanche de l'élection : la demande se fait au commissariat, à la gendarmerie ou en ligne, et le mandataire peut désormais être inscrit dans une autre commune, à condition de voter dans le bureau du mandant.
Paris, Lyon et Marseille, un double scrutin depuis 2026
Les trois plus grandes villes de France ont conservé une organisation électorale à part. La loi n° 2025-795 du 11 août 2025 y a organisé deux scrutins distincts le même jour, l'un pour le conseil municipal, à l'échelle de toute la ville, l'autre pour les conseils d'arrondissement ou de secteur. L'électeur parisien, lyonnais ou marseillais vote donc deux fois, avec deux bulletins.
La prime majoritaire y est limitée à 25 % des sièges du conseil municipal, contre la moitié des sièges ailleurs. Le législateur voulait que le maire de Paris, de Lyon ou de Marseille soit élu par un conseil issu d'un vote à l'échelle de la ville entière, et non plus par l'addition de résultats obtenus secteur par secteur. Ces règles s'ajoutent à d'autres singularités institutionnelles, comme la Ville de Paris ou la Métropole de Lyon, présentées dans la page sur les collectivités à statut particulier.
Ce qui change dans les petites communes après le vote
Pour élire le maire, le conseil municipal doit être au complet. La loi le répute complet dès qu'il compte 5 membres dans une commune de moins de 100 habitants, 9 entre 100 et 499 habitants et 13 entre 500 et 999 habitants (art. L. 2121-2-1 du code général des collectivités territoriales). Une équipe élue sur une liste incomplète peut donc s'installer sans élection partielle.
En cours de mandat, un siège vacant revient au candidat suivant de la liste (art. L. 258 du code électoral). Des élections complémentaires ne sont organisées que si le conseil municipal a perdu au moins un tiers de ses membres. Un point n'a pas bougé : dans ces communes, les représentants à la communauté de communes ne figurent pas sur le bulletin et restent désignés dans l'ordre du tableau, alors qu'au-delà de 1 000 habitants ils sont élus en même temps que le conseil, selon le mécanisme du fléchage des conseillers communautaires.
L'élection du maire et des adjoints par le conseil
Le maire n'est pas désigné par les électeurs mais par le conseil municipal, lors de sa première réunion. Celle-ci se tient de plein droit au plus tôt le vendredi et au plus tard le dimanche qui suivent le tour de scrutin à l'issue duquel le conseil a été élu au complet (art. L. 2121-7 du CGCT), un délai qui place souvent l'installation un vendredi soir. La séance est présidée par le doyen d'âge des conseillers municipaux. Le maire est désigné au scrutin secret et à la majorité absolue ; si personne ne l'atteint après deux tours, un troisième tour se joue à la majorité relative, et en cas d'égalité le plus âgé l'emporte (art. L. 2122-7).
La tête de liste ne devient pas automatiquement maire : c'est un usage politique, pas une obligation. Le conseil municipal fixe ensuite le nombre d'adjoints, dans la limite de 30 % de son effectif légal (art. L. 2122-2) : 4 adjoints au plus pour 15 conseillers. Depuis mars 2026, les adjoints sont désignés dans toutes les communes au scrutin de liste à la majorité absolue, sans panachage ni préférence, sur des listes alternant femmes et hommes (art. L. 2122-7-2). Une nuance subsiste sous 1 000 habitants : en cas de vacance en cours de mandat, le remplaçant est choisi parmi les conseillers sans condition de sexe.
Les pouvoirs du maire une fois élu, à la fois agent de l'État et exécutif de la commune, sont décrits dans la fiche sur le rôle du maire entre la commune et l'État.
La campagne municipale et l'information des électeurs
La campagne de l'élection municipale obéit à des règles d'égalité entre candidats. Dans chaque commune, des emplacements d'affichage officiels sont réservés à chaque liste pendant la campagne, et la commission de propagande adresse aux électeurs, avant chaque tour, les circulaires et les bulletins des candidats. L'affichage sauvage et la diffusion d'une information nouvelle la veille du scrutin, quand l'adversaire ne peut plus répondre, sont des motifs fréquents d'annulation.
Le soir du scrutin, le ministère de l'Intérieur publie les résultats commune par commune, à partir des procès-verbaux transmis par les préfectures. Ces données publiques, librement réutilisables, permettent à chacun de connaître la composition du conseil municipal de sa commune, le taux de participation et la répartition des sièges. Le ministère met également en ligne les listes de candidats déposées, ce qui permet de vérifier la parité et la nationalité des candidats.
Après l'élection, le conseil municipal en action
Le conseil municipal est l'institution qui règle, par ses délibérations, les affaires de la commune (art. L. 2121-29 du CGCT). Il adopte le budget communal, crée les services publics locaux, décide des travaux et fixe la politique d'urbanisme. Le maire, son exécutif, prépare et applique ces décisions, dirige l'administration communale et détient en propre les pouvoirs de police administrative : sécurité, salubrité, tranquillité publique. Les deux acteurs travaillent sous le contrôle du préfet, représentant de l'État, qui vérifie la légalité des actes. Dans cette institution de proximité, le maire exerce aussi des fonctions au nom de la République, état civil et organisation des scrutins, tandis que chaque conseiller municipal peut recevoir une délégation et prendre en charge la gestion d'un domaine précis, de l'école à la sécurité routière. Connaître ces acteurs et ces institutions aide l'électeur à mesurer la portée de l'élection : en France, la mairie demeure l'administration de proximité ouverte à toute personne, et le maire y exerce une partie de l'administration de l'État sous l'autorité du ministère de l'Intérieur.
Les règles de convocation, de quorum et de publicité des séances, ainsi que les droits de l'opposition municipale, sont détaillés dans la page sur le fonctionnement du conseil municipal. Le conseil municipal élit enfin, dans les communes de 1 000 habitants et plus, les délégués qui participent à l'élection des sénateurs, autre conséquence méconnue du scrutin municipal sur la vie publique nationale.
Contester une élection municipale devant le tribunal administratif
Une élection municipale se conteste devant le tribunal administratif, juge de premier ressort du contentieux électoral local. Tout électeur de la commune, tout candidat et le préfet peuvent former une protestation. Le délai est très court : la réclamation doit parvenir au plus tard le cinquième jour qui suit l'élection, à 18 heures, au greffe du tribunal ou à la préfecture, ou être consignée au procès-verbal du bureau de vote.
Le juge électoral ne se contente pas de constater une irrégularité : il recherche si elle a pu fausser le résultat. Un écart de quelques voix, une propagande diffamatoire diffusée la veille du vote ou une fraude dans un bureau peuvent conduire à l'annulation, alors qu'une erreur matérielle sans effet sur l'issue est en général écartée. Le jugement peut être contesté devant le Conseil d'État. Tant que la décision n'est pas définitive, les conseillers municipaux proclamés restent en fonctions et le conseil municipal continue de délibérer.
Bulletin raturé, liste incomplète, tête de liste : les cas qui reviennent au scrutin municipal
Peut-on encore voter pour un candidat isolé dans un village ?
Non. Depuis mars 2026, seules les listes sont admises dans toutes les communes, et rayer ou ajouter un nom rend le bulletin nul.
Une liste incomplète peut-elle gagner l'élection ?
Dans les communes de moins de 1 000 habitants, une liste comptant jusqu'à deux candidats de moins que l'effectif du conseil est réputée complète. Si elle obtient plus de sièges qu'elle n'a de candidats, les sièges non pourvus restent vacants.
La tête de liste devient-elle forcément maire ?
Le maire est élu par le conseil municipal au scrutin secret, et rien n'oblige la majorité à choisir sa tête de liste.
Les bulletins blancs comptent-ils pour les seuils de 10 % et de 5 % ?
Les seuils se calculent sur les suffrages exprimés, dont les bulletins blancs et nuls sont exclus.
Un citoyen européen peut-il devenir maire ?
Un ressortissant de l'Union européenne peut voter et être élu conseiller municipal, mais il ne peut exercer ni la fonction de maire ni celle d'adjoint.
















