Condo à laval

En août, l’immobilier de Laval vacille

À Montréal, en août 2013, il semblerait que le marché de l’immobilier ait eu un premier rayon de soleil depuis longtemps:  les ventes de propriétés résidentielles ont augmenté pour la première fois depuis juillet 2012. La Chambre Immobilière du Grand Montréal, évidemment, avait le sourire aux lèvres. À Laval, malheureusement, ce n’était pas le cas! Encore une fois, en août, les ventes ont connu une petite baisse.

Statistiques à l’appui

À l’aide de quelques chiffres, regardons à quel point les propriétaires de condos à vendre à Laval peuvent grincer des dents.

Tout d’abord, on voit que l’offre est beaucoup plus importante que l’an dernier. En août 2012, on affichait 2383 inscriptions au registre des propriétés à vendre, le fameux système Centris. L’année suivante, les acheteurs potentiels pouvaient se réjouir de voir que l’augmentation avait été de 26%, pour passer à 3004 propriétés. C’est proportionnellement beaucoup plus que l’île de Montréal, qui a fait face quant à elle à une hausse de 16% des propriétés à vendre. Il faut dire que la hausse n’y était pas extravagante, à 3%, ce qui laisse paraître une surchauffe de l’offre.

Ce sont les condominiums qui souffrent le plus pour l’instant. Les promoteurs de condominiums comme Concept D4B ont raison d’avoir quelques inquiétudes: le nombre de copropriétés qui sont disponibles à la vente a augmenté de 50% sur une période d’un an, un chiffre qui est loin de se répercuter sur les ventes. Celles-ci ont été presque stables, (63 condos vendus en 2012 contre 62 en 2013), mais vu la hausse de l’inventaire, c’est nul.

Les prix commencent à descendre, dans certains cas

Les propriétaires de maisons unifamiliales n’ont pas encore à se faire trop de soucis: bien que les ventes diminuent, le prix médian a quand même augmenté, passant à 290 000$. C’est une hausse d’environ 3%. D’un autre côté, le prix médian du condominium a chuté à 207 250$, alors qu’il était à 225 000$ en août 2012. C’est sans doute ce que les investisseurs immobiliers ont le plus à craindre: s’ils doivent commencer à vendre leurs unités au point mort ou même à perte, ça va faire mal aux affaires.

Une écoeurantite de condominiums, surtout de luxe

L’écoeurantite, c’est une expression typiquement québécoise qui signifie une surexposition à un phénomène. Bref, on a marre de quelque chose. À Laval, en tout cas, certains en ont vraiment marre de voir pousser des condominiums un peu partout dans la ville.

Dans le quartier Laval-des-Rapides, par exemple, un important mouvement citoyen s’était levé contre un projet de condominium à quatre étages, une première dans cette zone où les édifices étaient généralement limités à deux étages. Le promoteur immobilier avait finalement eu gain de cause, lui dont le projet avait été repoussé pendant plus un an malgré une confirmation tacite de la ville avant le soulèvement, mais disons qu’il avait eu à l’époque une vilaine frousse.

Dans le Grand Montréal en général, on remarque que les propriétés disponibles à la vente ne sont pas tout à fait équilibrées: à Montréal, il n’y a pas suffisamment de condominiums abordables mais les condos de luxe ont énormément de difficulté à se vendre. À Laval, sans doute que les gens préfèreraient avoir des maisons abordables, mais on leur offre à la place une armée d’édifices à condos.

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